Les chevaux de trait
La Ferme s'invite
Focus sur les races lourdes
Le salon de l’agriculture « La Ferme s’invite » est non seulement le rendez vous annuel de la Vienne en matière d’animation paysanne mais aussi et surtout l’occasion unique de découvrir de multiples espèces animales réunies au sein d’un même endroit.
La ferme s’invite en ville. Et lors de ce salon, ce sont de multiples races de chevaux de travail que vous pourrez découvrir. entre les percherons de Cheval des Vignes, chevaux vignerons qui vous présenteront leur travail dans les vignobles bordelais, c’est aussi Les Races Mulassières du Poitou qui vous emmèneront visiter les races locales.
Sans oublier le travail du débardage forestier avec les chevaux Traits du Nord, ou encore la pratique du maraichage en traction animale avec le cheval de trait breton des Jardins d’Améthyste.
Le Percheron
Une épopée française
Né dans les pâturages verdoyants du Perche, entre Normandie et Centre-Val de Loire, le cheval Percheron est l’un des plus anciens et emblématiques chevaux de trait français. Son histoire est un voyage à travers les siècles, entre légendes, guerres, agriculture et renaissance.
Dès le Moyen Âge, les chevaux du Perche étaient réputés pour leur robustesse. Selon la légende, les comtes du Perche auraient ramené des chevaux orientaux (notamment arabes) des croisades, qu’ils auraient croisés avec les juments locales. Ce mélange aurait donné naissance à un cheval puissant, endurant et élégant.
Au XIXe siècle, le Percheron devient le cheval de prédilection pour la traction des diligences et des omnibus. Rapide, endurant et docile, il est surnommé le « diligencier ». Il est aussi très utilisé dans les travaux agricoles et forestiers, et devient un pilier de la vie rurale.
Dès les années 1830, le Percheron est massivement exporté, notamment vers les États-Unis, où il participe à la conquête de l’Ouest. Il devient l’un des chevaux de trait les plus populaires au monde, apprécié pour sa force et sa polyvalence.
Pendant la Première Guerre mondiale, le cheval Percheron est mobilisé pour tirer les canons et ravitailler les tranchées. Sa bravoure et sa résistance en font un allié précieux des soldats.
Avec l’arrivée des machines agricoles et des véhicules motorisés, la race connaît un fort déclin après 1945. Dans les années 1970, elle est même menacée de disparition. Mais grâce à la passion des éleveurs et à de nouveaux usages (attelage, débardage, tourisme), le Percheron connaît un renouveau à partir des années 1990.
Le saviez-vous ? En 1880, un train de 28 wagons remplis de chevaux percherons est parti de la Ferté-Bernard pour les États-Unis. Une exportation record qui témoigne de la renommée mondiale de la race
Le Trait Breton
La force tranquille de l’Ouest



Solide, rustique et profondément enraciné dans les terres de Bretagne, le cheval de trait breton est un symbole vivant de la culture paysanne et de l’histoire agricole française. Sa silhouette puissante et son tempérament docile en font un compagnon de travail aussi fiable qu’attachant.
Les ancêtres du cheval breton remontent à l’époque celtique, il y a plus de 2 000 ans. Au fil des siècles, les chevaux locaux ont été croisés avec des races venues d’ailleurs : chevaux orientaux ramenés des croisades, trotteurs anglais comme le Norfolk, chevaux de trait européens (Ardennais, Percheron, Boulonnais). Ces croisements ont donné naissance à un cheval à la fois puissant, endurant et confortable à monter, très apprécié au Moyen Âge.
Au XIXe siècle, deux grands types se distinguent :
- Le Trait Breton, massif et musclé, destiné aux travaux agricoles lourds.
- Le Postier Breton, plus léger et rapide, utilisé pour l’attelage et le transport.
Tous deux sont reconnus officiellement avec la création du stud-book en 1909, puis unifié en 1912.
À la fin du XIXe siècle, le Trait Breton est exporté dans toute l’Europe. Il tire diligences, charrues, canons et charrettes. Des trains entiers partent de Landivisiau, capitale de l’élevage breton, vers les foires et les haras.
Comme toutes les races de trait, le Breton souffre de la mécanisation agricole après 1945. Il est alors orienté vers la production de viande, notamment pour l’Italie. Mais dès les années 1990, il retrouve une seconde vie grâce à :
l’attelage de loisir et de compétition, le débardage forestier ou encore l’écopâturage.
Le saviez-vous ? Le Trait Breton est souvent alezane, avec une crinière épaisse et ondulée. Il peut peser jusqu’à 900 kg et mesurer 1,65 m au garrot.
Le Trait du Nord
Colosse des plaines du Nord
Né dans les riches terres agricoles du Hainaut et des Flandres françaises, le Trait du Nord est un cheval de trait massif, puissant et docile. Il incarne à lui seul l’histoire agricole et industrielle du nord de la France.
Le Trait du Nord descend d’un ancien rameau de chevaux lourds d’Europe du Nord, issus de croisements entre chevaux flamands, ardennais, brabançons et boulonnais. Dès le XIXe siècle, les éleveurs du Nord sélectionnent un cheval adapté aux sols lourds et humides, capable de tirer des charrues profondes et de lourdes charges.
À partir des années 1850, le Trait du Nord devient un pilier de l’agriculture dans les grandes exploitations céréalières. Il est aussi utilisé dans les mines de charbon, où les modèles plus petits tractent les wagonnets dans les galeries. Sa force, sa résistance et sa docilité en font un allié indispensable.
En 1903, le Stud-book du Trait du Nord est créé, marquant la reconnaissance officielle de la race. Elle se distingue alors de l’Ardennais, avec lequel elle partageait jusque-là son identité. Le Trait du Nord devient une fierté régionale, présent dans tous les concours agricoles.
Comme beaucoup de chevaux de trait, le Trait du Nord subit de plein fouet la mécanisation agricole après 1945. La race décline fortement, et sa survie est assurée dans les années 1970 grâce à l’hippophagie. Mais c’est surtout à partir des années 1990 que la race connaît un renouveau. Le Trait du Nord est désormais un cheval rare mais protégé, inscrit dans un plan de sauvegarde.
Le saviez-vous ? Le Trait du Nord peut peser plus d’une tonne et mesurer jusqu’à 1,80 m au garrot. Sa robe est souvent rouanne ou baie, et son regard doux cache une force colossale.
Le Poitevin mulassier
Fils du vent, de la terre et des eaux


Né dans les terres humides du Marais poitevin, ce cheval de trait au physique imposant et au cœur tranquille est un véritable trésor du patrimoine rural français. Son histoire est intimement liée à celle de sa région, entre traditions agricoles, croisements savants et renaissance moderne.
Dès le XVIIe siècle, les travaux d’assèchement du Marais poitevin, ordonnés par Henri IV, voient arriver des ingénieurs hollandais accompagnés de chevaux flamands et brabançons. Ces chevaux robustes sont croisés avec les juments locales, donnant naissance à une nouvelle race adaptée aux sols humides : le Poitevin mulassier.
Contrairement à d’autres chevaux de trait, le Poitevin n’a pas été sélectionné pour la traction, mais pour une mission bien particulière : produire des mules. En croisant les juments poitevines avec le célèbre Baudet du Poitou, on obtenait des mules puissantes, rustiques et très recherchées dans le monde entier.
Au XIXe siècle, l’industrie mulassière bat son plein : des dizaines de milliers de juments sont élevées dans le Poitou, et les mules poitevines s’exportent jusqu’aux États-Unis. Mais avec la motorisation, la demande chute brutalement après la Seconde Guerre mondiale. La race frôle l’extinction dans les années 19803.
Grâce à la mobilisation d’éleveurs passionnés et à des plans de sauvegarde, le Poitevin mulassier retrouve peu à peu sa place.
Le saviez-vous ? Le Poitevin est l’une des rares races au monde sélectionnée spécifiquement pour produire des mules. Il est surnommé « fils du vent marin, de la terre et des eaux » en hommage à ses origines dans les marais.
